Rapport introductif – 6ième Congrès de l’OFICT

6ième Congrès de l’OFICT – Montreuil – 30mars – 1er Avril

 

Rapport introductif du débat général – 30 mars – Pierre Thomas

 

Je souhaite donc la bienvenue aux délégués et déléguées au 6ième congrès de l’OFICT, représentatifs des ingénieurs, cadres, techniciens et B administratifs du MEDDE, MELTR et des établissements publics, issus de presque tous les syndicats de notre fédération.

 

Compte tenu d’impératifs professionnels, de représentations institutionnelles à assurer, mais aussi de contraintes familiales, des délégués ne pourront participer à l’ensemble des travaux. Mais nous aurons une présence nombreuse à toutes les séances et particulièrement demain mardi.

 

Au nom du congrès je salue également nos invités : Dominique Terrat et Michèle Kauffer, de l’Union Fédérale des Ingénieurs Cadres et Techniciens de la Fédération des Services Publics, Jean Luc Molins, de la direction de l’Union Générale des Ingénieurs, Cadres et Techniciens CGT (UGICT), Muriel Filippi, du syndicat CGT du ministère de l’Agriculture (SYAC), Estelle Piernas, responsable de la question des cadres à l’Union Générale des Fédérations de Fonctionnaires (UGFF), et bien sûr Nicolas Baille, secrétaire générale de notre fédération, et délégué du syndicat de l’IFSTTAR

Je salue également les représentants invités des syndicats de la Fédération. Sont présents aujourd’hui Gaétan Silène du SNPTRI et Charles Breuil, du SNOPA

 

Ce congrès vient à un moment particulier aussi bien par rapport aux enjeux de l’évolution de l’OFICT dans la fédération que dans le contexte économique et social, ainsi que politique.

 

Mais avant d’en arriver là, comment vivent et travaillent nos collègues ?

 

En premier lieu, majoritairement, mais pas tous, ils recherchent et ils trouvent de l’intérêt et des sources d’épanouissement dans leur travail. La culture du service public, la conviction de l’utilité et de l’importance de leurs missions, d’être utiles à la société, d’avoir un travail en rapport avec leur qualification  est fortement  partagée.

 

Le service public reste source d’innovation majeure comme en témoigne par exemple l’article de la revue scientifique « Pour la Science » d’Avril consacré aux recherches de l’IFSTTAR sur la route de 5ième génération, écologique, source d’énergie, connectée, qui dit aussi quelque chose sur les métiers et les qualifications de la route de demain.

 

De la même façon, le statut reste une grande référence pour la mise en œuvre du service public : indépendance et neutralité de la fonction publique, égalité de traitement, intérêt général et pérennité des missions, adaptabilité et haut niveau de qualification.

 

Le travail devient dans le même temps de plus en plus complexe. Faire de la comptabilité avec des bases de données interconnectées, savoir interpréter des données de différentes sources et de plus en plus élaborées, présentée par des logiciels qui imposent leur formattage, nécessite de  de plus en plus de comprendre comment les données  ont été fabriquées, comment les logiciels les traitent.

Le développement massif de partenariats, et aussi de sous-traitances, une interaction de plus en plus forte avec les collectivités locales la prise en compte ou non des logiques de développement durable, mais aussi le poids des intérêts financiers rendent  la construction de projet beaucoup plus complexes.

La responsabilité des agents publics est aussi beaucoup plus engagée. En cas de catastrophe naturelle ou d’accident industriel mais aussi, au quotidien quand, au moindre aléas météorologique,  les médias en attribuent  naïvement la responsabilité au défaut de prévision de Météo France, revers de la médaille de l’excellence technologique.

 

Et ce n’est probablement que le début d’une évolution vers toujours plus de technicité, de décisions et d’interactions complexes faces aux évolutions de l’aménagement du territoire, aux défis climatiques et énergétique, à la nécessité d’optimiser et d’économiser pour répondre aux besoins. Cela demande un développement considérable des qualifications, des recherches, et des investissements .

 

La réalité vécue va clairement en sens contraire et alimente fortement la crainte de l’avenir.

 

Nous vivons :

La réduction des dépenses publiques et des effectifs, le déclassement organisée des rémunérations, le désordre dans la reconnaissance et donc le développement des qualifications ;

Les réorganisations destinées à transférer des charges et des activités opérationnelles aux collectivités territoriales, le développement voulu de la sous-traitance rendue inéluctable, faute de personnels et de moyens

Le transfert des activités opérationnelles à des établissements publics, beaucoup plus sensible à une gestion des activités en fonction de leur contribution au résultat comptable, et qui chacun de son côté vont développer leur logique propre.

 

Le ministère de l’écologie perd des moyens de sa cohérence au service des missions publiques, mais chacun des acteurs voit ses moyens propres soumis à la politique de contraction des moyens budgétaires.

 

Les aléas récents de la gestion des autoroutes, et la reculade gouvernementale quant à la gestion publiques de ceux-ci signifie aussi que l’infrastructure routière majeure échappe à la logique publique fondée sur l’intérêt général, à une maîtrise publique des transformations de la route.

 

Nos collègues ressentent des difficultés considérables.

 

En premier lieu, comme le notent nos camarades de Centrale, le sentiment de ne jamais arriver à faire tout ce qu’on devrait, d’être en permanence en porte-à-faux.

Quoi d’étonnant quand l’activité professionnelle consiste à recevoir quotidiennement une avalanche de mails, avec une bonne part d’entre eux auxquels il faut répondre, en réfléchissant à chaque fois à la bonne formulation pour éviter tel ou tel piège ou obtenir le résultat voulu.

Journée qui se passe aussi en réunion avec des résultats plus ou moins probants, où à renseigner des tableurs dont on ne sait pas vraiment jusqu’à quel point ils vont être exploités, ou à maudire intérieurement un tel ou une telle, qui n’a « rien compris » à tel ou tel problème.

 

Il y a évidemment aussi les réorganisations, les efforts à faire pour faire le moins mal possible, garder des effectifs, essayer d’argumenter pour limiter les non-remplacements de départs en retraite, obtenir les matériels nécessaires dans un contexte où il faut tout justifier, argumenter et ré-argumenter.

Il y a  la gestion de la sous-traitance, l’arbitrage entre la qualité requise par « l’état de l’art » et les règles professionnelles, la défense de l’emploi dans le secteur privé, le manque de moyens et la contrainte stressante de  ne pas pouvoir faire autrement.

Il y a l’effort fait pour réellement contrôler des dossiers mal ficelés, donner son avis professionnel, et au final constater que les remarques faites n’ont pas été prises en compte et que le dossier sera validé comme ça par le décisionnaire.

Il y a les efforts faits pour gérer correctement les personnels ou les crédits et le constats que les délais d’application d’un avancement s’allongent démesurément…

Il y a le temps passé à s’énerver contre tel ou tel logiciel kafkaïen

etc.,

vous en savez plus que moi, je pense de tous ces sujets quotidiens.

 

Je rajouterai que le sentiment individuel de ne pas arriver à faire ce qu’on devrait, au quotidien, cela conduit aussi à la dévalorisation de soi, à la peur du chef, ou à l’aggressivité envers au choix : la hiérarchie, le service d’à coté, les collègues, soi-même)  etc.

et bien entendu à faire de nombreuses heures supplémentaires gratuites. 44H en moyenne par semaine dans l’encadrement en France, et la Fonction Publique est sur ce plan certainement « performante ».

Tout cela alors que nos collègues ingénieurs cadres techniciens et administratifs travaillent de plus en plus en projet, avec des partenaires, des échéances impératives, des objectifs fixés en entretien professionnels.

La baisse des effectifs conduit évidemment à des postes vacants, des intérim, un surcroît de travail permanent.

 

La pression est de plus en plus forte pour supprimer des activités, des missions. Outre la nécessité de rebondir, de ne pas être dans le secteur en perte de vitesse, la cohérence du travail, la capacité à se sentir utile, à se projeter dans l’avenir est entamée.

 

Comment mettre en œuvre sa technicité quand les tâches d’organisation et de contrôle, deviennent la motivation principale au nom des économies budgétaires

 

Inversement comment maintenir la technicité au bon niveau, quand il devient de plus en plus compliqué de se former, faute de budget, faute de temps, et parce que le système de formation est lui aussi dans la spirale des réductions de moyens.

 

Les nouvelles technologies, en rendant perméable la frontière entre travail et repos, entre vie professionnelle et vie personnelle apportent un confort passager dans le genre « je vais m’avancer dans la lecture de mes mails et pouvoir mieux travailler » et de nouveaux risques et difficultés.

 

Il y a bien évidemment la rémunération trop faible, la promotion de plus en plus aléatoire, la non reconnaissance quand l’ensemble du système des rémunérations statutaires et de primes tend à ne reconnaître et distinguer qu’une fraction des agents pour une carrière qui s’est allongée.

 

Partir en retraite devient peu à peu un cauchemar : compte tenu de la part des primes dans la rémunération, des périodes de temps partiel, d’une carrière qui a permis ou pas d’atteindre les derniers échelons de son corps, des éventuels interruptions, des périodes passées hors de la Fonction Publique  et cotisées dans d’autres systèmes et des différentes réformes qui ont gravement endommagé le système des retraites, le taux de remplacement entre le  dernier salaire et la première pension chute en dessous du supportable et oblige à demander désespérément des prolongations ou le « coup de chapeau »[1] .

 

On ne peut pas oublier non plus que nombre de collègues doivent soutenir leurs enfants, en études de plus en plus longues , mais aussi au chômage, que leur famille subit aussi la crise et que leur vision de la situation ne se résume pas à la dimension professionnelle

 

Quelles perspectives ont les jeunes, nouveaux entrants, qui n’ont pas réellement connu d’autres système et pour qui il n’est pas évident que l’avenir rime avec le progrès ? Qui peuvent penser qu’ils n’auront pas de retraite, que leur avenir passe avant tout par le fait d’être les premiers, qui constatent que quel que soit leur diplôme ils sont payés aux alentours du SMIC , que leur carrière dépend de la qualité de leur parcours, de leur aptitude à décrocher le bon poste.

Les possibilités de mobilités deviennent évidemment un problème majeur

 

Et ce d’autant plus quand on est une femme. Le progrès de l’accès des femmes aux carrières, aux responsabilités, aux métiers techniques semble marquer le pas. L’innovation de grandes entreprises américaine championnes de l’innovation consistant à proposer aux salariées femmes cadres de financer le prélèvement et la congélation de leurs ovules pour ne plus avoir le handicap de la maternité dans leur carrière et pouvoir quand même avoir des enfants plus tard entrera-elle dans la logique du système ? On peut dire « pas de ça chez nous, mais …

 

Notre démarche revendicative

 

Je pense que le mot d’ordre du congrès « être ensemble » est un véritable fil conducteur, depuis l’élaboration des revendications jusqu’à l’action pour atteindre nos objectifs de progrès social, et d’efficacité du service public au service de la société.

 

Rassembler doit partir du vécu de nos collègues qui doivent pouvoir vérifier que la CGT les écoute et travaille bien à partir de leurs préoccupations. Les consultations que nous avons conduit sont un moment essentiel de la démarche.

 

Les écouter c’est aussi être en mesure de leur apporter un appui dans leur vie professionnelle quotidienne et se mettre en situation de répondre à leurs demande d’ordre catégorielle, comme l’activité des élus en CAP va dans ce sens.

 

Nos collègues ne se préoccupent pas que de syndicalisme. Ils sont plongés dans le débat politique, ont leurs opinions, se situent dans les clivages gauche droite, et malheureusement, pour un certain nombre d’entre eux ont sûrement voté FN aux dernières élections.

 

Les rapports des forces politiques influent évidemment sur nos actions revendicatives et les résultats obtenus, et inversement ce que nous faisons modifie aussi le paysage politique.

 

Pour ce qui est des ingénieurs cadres et techniciens ou B administratifs nous devons intégrer, à sa juste mesure, la bataille contre les idées du FN. Celles-ci visent à diviser les salariés tout en prônant avant tout la diminution du nombre de fonctionnaires, l’affaiblissement des services publics et des droits des salariés. Elles sont incompatibles avec les valeurs du service public .Elles sont délétères.

 

A partir des préoccupations de l’encadrement nous sommes amenés à argumenter sur le manque de moyens et les ressources à mettre en oeuvre, à constater la dangerosité du CICE, ou du pacte de responsabilité alors que certains de nos collègues, pour des raisons qui leur sont propres peuvent soutenir le gouvernement actuel, considérer que sa politique n’est pas vraiment de l’austérité etc.. Nous ne pouvons pas ignorer ce genre de contradictions, et nous devons maintenir la logique du débat et de l’action revendicative et garder en permanence le souci du rassemblement sur des revendications.

 

L’OFICT a une place particulière dans la fédération sur les questions revendicatives.

Elle doit en effet à la fois contribuer à l’élaboration de revendications à partir de la réalité des catégories ICT, par exemple sur les primes, la mobilité , la revalorisation des grilles indiciaires, et d’une manière générale prendre en compte les particularités liées aux missions, aux indemnités de sujétion et en même temps construire le rassemblement entre les personnels concernés et avec les personnels de catégorie C, sans oublier les liens avec les services publics, l’UGFF etc. et les salariés du privé au travers de l’UGICT

En effet l’élaboration des revendications est partagée entre les syndicats nationaux et la fédération, et j’ai bien entendu la remarque sur la « réticence » de nos camarades du PTRI sur le rôle respectif des uns et des autres.

D’un autre côté il n’y a pas à l’heure actuelle d’organisation spécifique dans les syndicats de la fédération qui permettrait de prendre en compte l’ensemble du vécu professionnel des personnels à ou B dans le champ de chacun des syndicats.

Avec les fusions de corps les syndicats de la fédération syndiquent souvent une partie du champ syndical, par exemple la filière EEI ou la filière maritime dans le corps des TSDD.

L’OFICT est donc confronté à des exigences renforcées, et nous avons constaté une demande accrue de coordination, notamment sur le dossier technicien.

Le rôle de l’OFICT sur le terrain revendicatif, par rapport aux syndicats nationaux mérite d’être rediscuté comme le rôle de l’OFICT dans la fédération en échangeant  les point de vue sur chaque sujet pour explorer explorer ce qui doit être fait avec les uns et les autres, de trouver des terrains d’entente.

 

Il en est ainsi de ce que nous avons engagé et que nous devons poursuivre sur les questions de temps de travail, de respect des garanties minimales, de forfaits jours et maintenant de déconnexion, et de reconnaissance, paiement, récupération  des heures supplémentaires.

 

Le rassemblement sur ces questions impose à la fois de répondre à l’idée parfois exprimée que les cadres techniciens ou professions administratives B auraient la possibilité, spontanément, de faire autrement, et de savoir prendre appui sur les garanties existantes et les avancées même modestes des derniers textes du ministère sur le sujet

 

Nous avançons l’idée que la reconnaissance des qualifications doit être un de nos grands chantiers

Cela demande du travail : de quoi parle-t-on alors que plus personne en dehors des syndicalistes CGT et de quelques autres ne parle de qualification et que l’univers de nos collègues est fait de compétences, de fonctions, de parcours de carrière etc ?

Nous faisons le lien entre les qualifications le statut et les missions de service public. C’est un choix  que nous voulons défendre. Il intéresse en premier lieu les jeunes !

 

Nous avons été interpellé sur la question des retraites, à juste titre. Et il faut bien constater un début d’affolement sur ce sujet, de collègues qui font leurs calculs… Nous ne pouvons nous contenter d’accompagner des collègues qui espèrent bénéficier du TRGS et pouvoir prolonger au maximum. Intégrer les primes pour les cotisations de retraites, relever les salaires, obtenir l’égalité professionnelle sont des pistes revendicatives à faire vivre.

 

Nous devons poursuivre sur l’égalité professionnelle dans un contexte où il existe des bougés de notre administration mais aussi des reculs dans les recrutements  dans des situations où les condition de travail mettent en cause la vie personnelle et exacerbent les concurrences.

 

Le management alternatif : le thème des lanceurs d’alerte a relancé le débat sur les garanties apportées à ceux qui dénoncent un acte illégal. Ce qui va dans le sens du droit des cadres d’exprimer leurs opinions et leur critiques. Dans le même temps le débat sur le secret des affaires, comme  la pression pour que les cadres, au delà d’une expression avant la prise de décision, dans le cadre de la stratégie imposée, devrait ensuite la fermer et mettre sous la table leur opinion, à l’opposé des garanties apportées par le statut. Il est urgent, sans doute en s’appuyant sur le statut de gagner un véritable droit d’expression, indispensable pour assumer un service public de haut niveau dans un contexte complexe.

 

Ces questions et peut-être d’autre reviendront dans le débat

 

Rassembler c’est aussi concrétiser et donner à voir à un moment donné l’état des convergences et des mobilisations , pour les salariés et pour nos interlocuteurs : au delà des raisons  circonstancielles c’est ce à quoi veut répondre la mobilisation du 9 avril.

 

Nous discuterons plus précisément de ces questions mardi matin

 

Le syndicalisme spécifique, et l’OFICT

 

Le bilan de l’activité de l’OFICT depuis le dernier congrès est plutôt en progrès au cours de ce mandat : déploiement de la campagne Temps et Charges de travail avec

  • une pétition et une consultation, des débouchés en terme de contact avec le ministère, et une évolution de celui-ci avec la note de centrale et la dernière note de gestion sans parler du succès obtenu dans les DDI,
  • une consultation de la Catégorie B qui a été un succès de participation avec 1500 réponses, riches d’enseignements
  • une participation notable à l’action des ingénieurs contre la fusion des corps et pour défendre la technicité
  • un élargissement de la diffusion de nous publications catégorielles à l’ensemble des corps concernés.
  • L’OFICT a été en capacité de contribuer efficacement à la constitution de listes pour les élections et à la rédaction de professions de foi, en coopération avec les syndicats concernés

Néanmoins nous butons sur des résultats électoraux insatisfaisants le 4 décembre dans les CAP de nos catégories, et également mauvais pour la CGT dans  l’ensemble.

Le rapport de force n’évolue ainsi pas dans le bon sens pour le syndicalisme revendicatif de la CGT, celui qui de notre point de vue peut permettre d’obtenir gain de cause sur les revendications des salariés.

Comme si les actions réussies, les initiatives de nos élus quand nous en avons, notre meilleure visibilité n’avaient pas vraiment compté pour le vote.

D’autant plus que d’autres syndicats que nous jugeons peu combatifs et qui ne disposent pas d’un imposant réseau militant ou de nombreux syndiqués obtiennent des bons résultats.

 

Les difficultés médiatisées de la direction confédérale ont pu influer mais ce serait se rassurer à bon compte :

 

Comment réagir ?

 

Le vote CGT dans nos catégories ne va pas de soi :

e syndicalisme CGT y est plus faible, la culture professionnelle plus  marquée par la réussite individuelle  à partir de la reconnaissance de ses compétences au détriment d’une logique collective, et la culture syndicale transmise moins marquée par des cultures syndicales portées entre autres par la CGT (la promotion sociale des enfants d’ouvriers et employés est plutôt en panne par exemple)

 

En même temps, une des surprises de la consultation que nous avons menée en catégorie B a été le regard sur le syndicalisme des agents qui nous ont répondu : parfois critique, voir très critique sur les manquements à l’éthique syndicale (souvent adressées « aux syndicats » en général)et pour d’autres, en nombre significatif, disposés à se syndiquer.

 

Ce dont il s’agit, et c’est une démarche au cœur du syndicalisme spécifique, c’est de contribuer à rassembler les salariés : les agents publics de toute catégories, et les salariés du privé.

 

Nous proposons plusieurs pistes :

 

D’abord poursuivre la démarche de consultation, qui pourrait concerner la reconnaissance dans le travail, des qualifications et de l’égalité professionnelle, parce que nous voulons partir de la réalité vécue de nos collègues.

 

Nous voulons dans le même temps mettre en débat nos propositions revendicatives

Cela implique du débat, de la confrontation idéologique : les responsables de nos administrations, en toutes occasions vont argumentant sur les contraintes budgétaires, travaille dans un référentiel de compétences attachées au poste qui ne reconnaît pas la qualification, valorisent les résultats exceptionnels de l’individu plutôt que le travail collectif.

Ce type de management est enseigné en formation continue, utilisé par les collègues que ce soit pour conduire un entretien professionnel ou le préparer. Il est dans les têtes.

Dans le même temps la négociations dite PPCR en cours, si elle ne permet pas de grands espoir de changement, peut nous permettre d’argumenter à partir du constat que la politique salariale de la fonction publique actuelle est une aberration qui détruit le service public

 

Nous ne pouvons nous arrêter au seul affichage de la promotion à l’ancienneté et SMIC à 1700€.

La qualification est un élément essentiel du service public et du bon usage de l’argent public.

 

Nous devons aussi être plus présents dans le quotidien de nos collègues fait d’interrogations concrètes sur leur carrière, la mobilité, les concours internes, les promotions, leur retraite, les conflits avec leur hiérarchie ou tout autre problème et qui vont s’adresser aux syndicats pour trouver des réponses, notamment parce que les syndicats ont le réputation d’être là pour répondre à ce genre de question.

 

Il est tout de même désagréable qu’un cadre ou un militant arrive sur le site de l’OFICT pourtant très positif et finisse par aller chercher l’information sur le site de l’UNSA. Nous devons avoir en tête ces logiques de butinage sur internet dans ce que nous proposons.

Tels que nous sommes à l’OFICT, nous recevons des mails et de scoups de téléphone, par ailleurs pas assez nombreux, avec des sollicitations parfois très pointues. Nous les transmettons souvent aux élus de la CAP concernée, mais nous n’avons pas de procédure de suivi et de capitalisation des réponses. Nous devons améliorer le processus de traitement de ces demandes, et nous proposons de constituer et diffuser des informations catégorielles sur notre site sur les sujets pertinents pour les catégories ingénieurs, cadres, techniciens et B administratifs.

 

S’organiser

 

Le plus important est certainement  la capacité des bases syndicales CGT à être présentes et visibles pour les ingénieurs, cadres et techniciens ou B administratifs, et à animer l’activité syndicale avec ces catégories en leur permettant d’élaborer elle-même leur revendications, en tirant le meilleur partie de la démarche du syndicalisme spécifique.

 

C’est ce qui a conduit l’OFICT à proposer d’organiser un réseau de « référents », à même d’animer une telle démarche dans un service, avec son organisation syndicale et de pérenniser le lien avec l’OFICT, dans les deux sens : échange  d’informations ou de questions, meilleur accès, aux informations et aux matériels élaborés par l’OFICT et l’UGICT.

 

La fédération a décidé de généraliser la démarche à l’ensemble des unions fédérales, dont l’organisation relève de sa responsabilité propre. Tout  reste à construire !

 

Il va de soi que la question concerne également les syndicats de service et les sections syndicales quand il n’y a pas d’union fédérale mais cela relève bien sûrentièrement du syndicat national et de sa section syndicale  ou du syndicat de service ou d’établissement. L’OFICT souhaite également promouvoir l’existence de référents avec ces syndicats.

 

Développer une campagne de syndicalisation

 

Autant que je sache, d’une part les effectifs de syndiqués de la fédération sont clairement en baisse. Les raisons sont connues, et les transferts et baisses d’effectifs y contribuent lourdement.

Mais ce la n’empêche pas que le rapport de forces dans le champ syndical de la fédération n’évolue pas dans le sens du syndicalisme que nous portons, ni dans le sens de l’intérêt des salariés. Modifier ce rapport des forces passe par plus de syndiqués et de bases syndicales.

 

Le fait est que la syndicalisation relève plutôt de la quasi-spontanéité, surtout dans nos catégories. Nous avons donc plusieurs problèmes : d’une part engager le débat avec les ingénieurs cadres et techniciens sur :

Le fait que renforcer la CGT aura une incidence positive sur leur situation professionnelle et personnelle en permettant de faire progresser leurs revendications, par exemple en terme de temps de travail ou de reconnaissance,

faire connaître le fait que la CGT accueille des ingénieurs, cadres et techniciens dans des conditions leur permettant d’exprimer leurs revendications et d’en décider eux-mêmes, et ne leur demandant pas un passeport idéologique

Nous devons prendre des initiatives de syndicalisation et faire en sorte que pour un syndiqué ICT, proposer à son collègue de bureau de se syndiquer devienne de plus en plus possible.

 

 

 

Faire évoluer  le fonctionnement de l’OFICT

 

A la suite de ce congrès, nous devrions avoir un secrétariat plus étoffé et plus « provincial ». Il est vrai que l’activité concrète de l’OFICT a reposé encore cette fois ci essentiellement sur le secrétariat, voir sur les permanents syndicaux du secrétariat.

Nous souhaitons régulièrement que les membres de la CE participent plus, au delà de la participation à la discussion de la CE. Les membres de la CE ont pour certains participé aux collectifs catégoriels de l’OFICT

Dans l’esprit du document du congrès il s’agit avant tout de développer une activité sur le terrain et ce devrait être la première responsabilité des membres de la CE de l’OFICT

Mais nous allons avoir besoin, sans doute, de formaliser les activités de coordination (connaissance des syndiqués, des bases syndicales) de développer nos publications, l’information catégorielle, le site de l’OFICT, la formation syndicale, il y a donc de quoi réfléchier à l’activité des membres de la future CE, sachant que chacun d’entre eux aura toute liberté de définir son engagement  propre.

 

Formation syndicale

La formation syndicale est un de nos point faible, ou plus exactement un point sur lequel nous avons le plus reculé.

C’est donc un point où nous devons être volontariste.

 

La fédération relance une activité de formation, l’UGICT également, des formations existent dans les UD et les UL, auxquelles les ICT peuvent participer

 

La communication de l’OFICT, le site, nos publications sont des outils de qualité dans l’ensemble mais que nous devons améliorer.

 

Nous discuterons de l’activité syndicale et de notre organisation mardi après-midi.

 

Conclusion

Dans un contexte franchement compliqué, voir angoissant, où les médias tirent parti de la progression électorale du front national dans le sens d’un unanimisme prétendument républicain, qui gommerait la revendication sociale, et où le premier ministre dit « entendre » et dans le même discours déclare ne rien infléchir de ses projets,  le 9 avril prend évidemment un sens particulier et il reste quelques jours pour le réussir.

 

N’oublions pas, même si le sujet n’est pas le même, la capacité de nos collègues à manifester, qu’ils ont prouvé le 9 janvier.

 

C’est à vous la parole pour dire ce que vous voulez faire de votre OFICT, comment les problèmes se posent dans votre syndicat, quel genre de syndicalisme vous faites concrètement et et dans quel sens vous voulez avancer

 

A vous la parole.

[1]    (Ce qui correspond à la promotion « retraitable » opérée à l’heure actuelle au détriment d’autres promotions. Le « coup de chapeau » permettait de promouvoir un agent partant en retraite avant la fin de l’année sans impacter le nombre des autres promus puisqu’ils avait « disparu » du décompte avant la fin de l’année de référence. Le système du taux « promus/promouvables » à fait disparaître cette possibilité.

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